mardi 23 juillet 2013

Un jour, en Mongolie

Un jour, nous sommes allés au lac blanc. Mais pour ça, il a fallu rouler sur les pistes, qui sont un vrai cauchemar pour la « boîte campeur » et nous même. Elles peuvent être faites de terre, de boue ou de sable. Quelques fois, on y trouve des routes en goudron. On se dit « Yeeeesss ! » mais juste après, un monsieur se hâte de venir vers nous et dit « Tugrit, tugrit ! » (ce qui veut dire en langue mongol « argent, argent »). On se retrouve donc obligés de payer pour quelques mètres de goudron.

Bref, parlons du lac. D'après la légende,on dit qu'un puit aurait débordé et inondé la vallée. Un homme pointa alors son arc sur une montagne et y lâcha sa flèche. Le sommet de la montagne dégringola et tomba sur le puit, ce qui le boucha. Le sommet de la montagne devint une île au beau milieu de ce beau lac. Nous nous sommes donc garer dans les champ, et juste à côté du lac. J'ai joué tout l'après-midi là, avec des sauterelles.

Le lendemain matin, mon père nous a annoncé qu'il avait préparé une chasse au trésor. Il voulait nous faire trouver un endroit, pas un objet. J'étais surexcitée à l'idée de la chasse au trésor mais dehors, le temps était affreux: Il y avait beaucoup de vent, de pluie et surtout, il faisait très froid, ce qui ne nous empêcha pas de sortir. Il y avait 9 cap (directions) à suivre et un rébus pour trouver le point de départ. Nous n'avions que la boussole à disposition. Le point de départ, je l'ai trouvé en 5 secondes. Environ 15 minutes plus tard, j'avais trouvé l'endroit: c'était en bas de la colline, il y avait une magnifique roche noire. Vraiment divertissant cette chasse au trésor ! En tout cas je ne l'oublierais jamais...

dimanche 21 juillet 2013

La Mongolie en folie

Quelle aventure que la Mongolie! A peine remis de notre passage de frontière très pénible (10 heures...), nous bivouaquons avec d'autres touristes à quelques kilomètres de la frontière. 
Nous nous remettons de nos émotions à coup de vodka bien méritées. Le bivouac est composé d'un couple de Français (Yvan et Katia) qu'Yvana connaissait à travers le site de « Voyage Forum » et un Polonais dont le partenaire venait de rebrousser chemin à cause d'un problème de transmission. Nous passons une bonne soirée et décidons de nous suivre quelques jours. Depuis le premier village après la frontière, deux options se présentent, la voie nord très difficile et la voie sud plus accessible pour Rudolf. Nous option pour un mix en commençant le parcours sud avant de remonter sur le nord à mi-chemin. Les formalités administratives chinoises nous obligent à planifier des arrêts dans les villes ou internet est disponible. Mais très vite, notre programme est chamboulé. La province ou nous sommes arrivé est touchée par la peste du cochon. 300 vaches sont mortes en une journée et la province risque d'être mise en quarantaine pour une vingtaine de jours. Rester bloquer ici n'est pas une option car cela condamnerait toute sortie vers la Chine, nous ferait perdre notre acompte et nécessiterait de re-obtenir des visas russes (chose qui s'est révélée pénible lors de nos deux dernières expériences).
Nous déjeunons rapidos et reprenons la route pour passer les frontières provinciales avant leur fermeture. Nous assistons à des scènes dignes des meilleurs navets cinématographique en arrivant à des postes ou des personnes habillées en combinaisons « stériles » viennent verser sur les roues Rudolf l'équivalent d'un verre d'eau de javel avant de nous laver les mains et la bouche (!!!) avec le même produit, alors que Rudolf traine sur et sous lui au moins 20 kg de boue. Mais nous ne nous plaignons pas car nous sommes bien heureux de pouvoir passer et sortir de ce guêpier.

Nous attaquons nos premières pistes qui se révèlent plutôt roulantes.
Nous allons bivouaquer plusieurs fois avec Yvan et Katia – et d'autres touristes qui se joignent au gré des arrêts - avant que nous routes se séparent. Rouler en Mongolie est spécial. Il n'existe pas une route mais des pistes qui mènent à un endroit. Il faut viser la direction voulue et choisir la piste qui paraît la plus roulante. Premier constat, la route principale (souvent caillouteuse) est souvent la plus pourrie. Faite de sorte de « tôle ondulée », nous nous en contenterions volontiers et pourrions rouler a plus de 70km/h dessus mais la tôle ondulée est parsemée tous les 20 mètres de trous énormes. Notre moyenne (ainsi que celle de la plupart des 4x4) est de 30km/h ! En Mongolie, Nous calculons donc des étapes maximums de 180 km. Ça fait déjà des bonnes journées de route. Malgré tout, nous roulons et le campeur (ainsi que Rudolf) souffrent énormément des pistes. Nous avons utilisés les sangles qu'Olivier nous avait offertes à Belfort pour donner de la flexibilité au campeur mais chaque trou fait sauter la boite campeur sur Rudolf qui rue comme un cheval qui veut se débarrasser de son cavalier. Le résultat est catastrophique. Le campeur est cassé de partout. Les parois se fendent, les attaches deviennent loose, les vis se dévissent toutes seules. Au bout de 9 jours, notre bonbonne d'eau fuit et nécessiterait une soudure que nous ne ferons pas. Finis les douches chaudes et tout le reste. Pour pouvoir tout de même conserver l'accès à l'eau, nous avons tiré un tuyau directement depuis la pompe jusqu'à notre évier afin de pouvoir remplir des bouteilles dont nous servons pour nos douches. Pas idéal comme système, mais parfait pour les 12 jours qu'il nous reste à faire en Mongolie. Pas de regret pour nous car nous avions décidé depuis plusieurs semaines d'abandonner la boite campeur en Mongolie. La boite a trop dérouillé durant e voyage pour pouvoir être revendue à un prix raisonnable. Les économies réalisées sur le shipment de Rudolf en container (car sans la boite Rudolf rentre dans un container) permettent de financer les hôtels que nous ferons lorsque nous aurons perdu notre « maison sur roue ». De plus, les seuls solutions pour shipper Rudolf + le campeur au Canada en Roro nécessitaient des temps de transit (départ de Chine – arrivée à Vancouver) de plus de 5 semaines, ce qui aurait aussi représenter des pertes d'argent et de temps. En container, nous bénéficierons de plus de temps pour découvrir l'Ouest canadien. Bref, autant nous respectons beaucoup notre Rudolf qui a montré des ressources insoupçonnées lors de ce voyage, autant nous n'avons que peu d'émotions de quitter notre campeur qui fuit.

Revenons-en à la Mongolie et à ses paysages magnifiques. Au bout de trois jours sur la piste du sud, nous atteignons la ville d'Altaï et nous décidons de monter par la route du nord, qui est réputée plus rude. Nous sommes venu aussi pour en baver (surtout Gérald) mais le poids de notre véhicule ne nous rassure pas trop. Nous crevons pour la troisième fois et décidons de passer par un garage pour réparer le pneu et sauver nos kits de réparation. Sous la pluie, c'est un bonhomme pas plus haut que trois pommes qui vient pour faire la job. Il n'a pas envie de lever le camion plus qu'il ne faut et décide de tenter d'ôter la roue alors que celle-ci touche encore le sol. Il tape comme un malade jusqu'à ce que le cric cède et que le camion tombe violemment sur la gauche ou nous étions tous (sauf les enfants, assis dans la voiture, et qui ont fait un beau saut !). Heureusement que la roue ne s'est pas barrée car le camion aurait facilement pu verser. Finalement, nous recommençons en levant correctement le camion et il change la roue sans trop de problème. La route du nord s'avère très pénible pour Rudolf. Nous devons prendre des ornières dont la taille fait basculer le campeur de droite à gauche. Nos attaches cassent, le campeur tape sur le toit du camion. Nous continuons doucement, traversons des rivières, des marécages ou nous tentons de continuer sans nous arrêter de peur de ne plus redémarrer.
Rudolf s'est comporté comme un chef. Nous avons pris confiance en lui et passons désormais à des endroits que nous n'aurions jamais osé prendre par le passé. Nous sommes passés sur des flancs de montagnes par des devers énormes, avons franchis des montées abruptes et sous la boue que Rudolf a avalé avec difficulté mais avec succès. Nous avons aussi connu quelques parties roulantes ou nous avons pu nous éclater dans le sable, dans la boue et sur des graviers. Rudolf n'a jamais montré un seul signe de faiblesse malgré les nombreux chocs qu'il se prend dans la tronche à chaque fois qu'un trou inévitable se présente devant nous.

Désormais notre route est toute tracée jusqu'à la capitale Oulan Bator ou nous allons chercher nos visas Chinois et régler nos derniers problèmes administratifs (trouver un container !!!!). Ensuite ce sera le départ pour le fameux désert de Gobi.

Au delà des routes, nous découvrons la richesse gastronomique mongole composée de mouton, de mouton et de mouton, sans oublier la graisse de mouton, la graisse de mouton et la graisse de mouton. On pourrait faire la vidange de Rudolf avec ce gras. Mais au final, il faut avouer que la nourriture n'est pas mauvaise, nous mangeons plutôt bien en Mongolie. Il manque juste un peu de variété dans ce pays qui considère que les légumes ne sont réservés que pour les animaux !!!

Coté culturel, la Mongolie est riche. Les invasions de Gengis Khan ont forgé l'histoire de ce pays.

Nous avons eu la chance d'arriver en pleine période festive.
Les Mongoles célébrant début juillet le Naadam qui est une fête ou pendant trois jours prennent places trois compétitions; le tir à l'arc, la lutte (certains de ces lutteurs feraient de très bons piliers au rugby) et une course de chevaux de 30 km que nous avons pu suivre (malheureusement de très loin car le parcours est aléatoire). Ce Naadam nous permis surtout de voir et vivre avec la population mongole, ce fut une expérience très enrichissante.

mercredi 17 juillet 2013

L'altai Russe

Le 3 juillet, ça y est, nous avons quitté le Kazakhstan pour la Russie. Nous avons un visa de 6 jours pour parcourir environ 1000km jusqu'à la frontière mongole. Bon, d'ici là, il nous faut nous arrêter dans la ville principale de l'Altaï (chaîne de montagnes de la région) pour nous enregistrer. Encore un mystère hérité de l'ère communiste: doit-on vraiment s'enregistrer ? Si oui, ou, quand, comment ? Entre l'enregistrement kazakh et l'Ovir ouzbèk qui nous oblige théoriquement à dormir dans des hôtels, rien n'est jamais très clair dans les pays de l'ex-bloc soviétique. Mais bon, dans le doute, on va faire un effort et s'enregistrer.

La Russie sibérienne ressemble étrangement à ce bout de Russie coincé entre l'Ukraine et le Kazakhstan. Mêmes champs de colza, mêmes petites forêts qui séparent les cultures, même paysage plat, mêmes Ladas, mêmes routes correctes.(un régal pour Rudolf après le Kazakhstan) Nous sommes retournés dans une certaine zone de confort, avec des stations services et des restaurants équipés de lecteur de carte de crédit. En plus, notre maîtrise du cyrillique nous permet maintenant de ne plus confondre l'épicerie du coin avec le magasin de bricolage ! Et même de lire 3 mots sur le menu (oui, on mange la même chose à chaque restaurant, on a toujours pas réussi à lire le reste du menu !).

Nous rentrons dans l'Altai sans aucune attente et notre mâchoire se décroche de notre face en traversant cette région magnifique. Décidément, ce voyage nous fait réserve de biens belles surprises. L'Altai est une région montagneuse dotée de magnifiques rivières, montagnes et villages pittoresques. La route est magnifique et nous en prenons plein les yeux. Nous dormons dans une belle foret de pins au bord d'une rivière avant planifier de filer le lendemain vers la frontière mongole qui malheureusement sera fermée. Nous passons une dernière nuit en territoire russe a moins de 1 km de la frontière afin de passer cette dernière tôt le lendemain. A ce moment, nous ne nous doutions pas que nous allions vivre notre plus étonnant et éprouvant passage de frontière de notre vie. Arrivés à 8 heures au poste, il y avait déjà une bonne trentaine de véhicules incluant de nombreux minibus transportant des Mongoles et Kazakhs.

Le bureau de l'émigration ouvrait à 9 heures. Une bonne quarantaine de personnes attendent dans un calme trompeur. Nous nous plaçons dans la file d'attente et assistons à une véritable rixe dès que la bureau ouvra ses portes. Au lieu de sagement attendre son tour, la règle consiste a pousser le plus fort pour rentrer avant les autres. Le ton monte très vite et les petits margoulins commencent à montrer toute leur ingéniosité. Lorsqu'ils 'envoient par leur femme enceinte pousser dans la mêlée pour dépasser tout le monde, les locaux donnent carrément leurs passeports aux personnes situées près des portes en échange d'un peu d'argent. D'autres passent carrément par derrière pour donner leurs passeports (incluant donc quelques billets) à travers les vitres du bureau. Bref, au bout de une heure, aucune progression. Nous prenons une décision, c'est au rugbyman de service de prendre les passeports du groupe Français avec qui nous attendons. Je pousse constamment en me positionnant dans le flot des gens qui poussent et me fait porter jusqu'à la porte en une heure. Nous ressortons avec un tampon sur nos passeports au bout de 4 heures d'attente. Il nous en faudra 6 heures de plus pour quitter le territoire Russe et passer la douane Mongole. Nous rentrons enfin en Mongolie en espérant ne plus jamais connaître une telle expérience. Heureusement que la vodka coule à foison, il est des jours ou cette boisson aide à abaisser le niveau de stress. À nous la Mongolie.

mercredi 10 juillet 2013

Kazakhstan, le retour

 Loin d'être notre destination favorite, nous avons pourtant passé 23 jours au total au Kazakhstan. Et je ne compte plus le nombre de kilomètres parcouru dans cette immense contrée...Les jours se ont vite accumulés puisque nous sommes restés 9 jours autour d'Almaty, pour obtenir nos visas mongols (1h30 d'attente, le temps d'une partie de Monopoly durant laquelle Malcolm m'a écrasée !) et nos visas de transit russes (3 passages au consulat, 7 heures d'attente au total, 12 pieds écrasés et 500 $ de moins dans nos poches...). Almaty est une jolie ville, avec de larges avenues, des montagnes enneigées en toile de fond, des petits restaurants et de multiples centres commerciaux. Elle a juste le défaut d'être bien plus chère que la plupart de nos autres destinations. Nous avons fini par dénicher une pizzeria correcte, équipée de wifi, histoire d'avancer un peu notre administratif (eh oui, nous cherchons toujours un bateau pour ramener Rudolf). Le reste du temps, nous avons alterné entre mer (en fait un grand réservoir artificiel dans un climat désertique à 2h de route d'Almaty) et montagne (des côtes hallucinantes, 25% minimum, que Rudolf a réussi à grimper). De jolies ballades, du tir à l'arc pour Loïs, une nouvelle passion pour le base-ball (avec un jouet en plastique en guise de balle et un grand bout de bois en guise de batte) pour Malcolm, deux jours d'hôtel avec piscine et toboggans (!!!), et beaucoup de détente au final.


Nous avons repris la route – cahoteuse – en direction de la Russie le vendredi 28 juin. Il nous a fallu 3 jours pour atteindre Semei, ville des essais nucléaires russes à l'époque soviétique. Malgré ce charmant héritage, la ville a été une pause méritée pour déguster nos dernières chachliks (brochettes) kazakhs et faire quelques courses. En espérant qu'il ne nous poussera pas un troisième bras sous peu...


Le Kazakhstan est donc bel et bien terminé, nous laissons sans regret les routes défoncées et les conducteurs allumés, mais garderons un bon souvenir de la faune kazakhs, et particulièrement, lors de cette traversée, des aigles, des faucons et des chouettes qui ont tournoyé si souvent au-dessus de la voiture...en attendant peut-être la panne d'essence...



PS: pour les futurs voyageurs motorisés qui comptent traverser le Kazakhstan, il est utile de savoir que la police kazakh, en dehors des grandes villes, peut se montrer particulièrement ennuyante. Un agent a tenté de nous escroquer en nous expliquant qu'il gardait le permis de conduire de Gérald et qu'il lui renverrait...au Canada ! Donc soyez patients, ne lâchez pas, et essayer d'impliquer les supérieurs, cela effraie vite les petits rigolos qui pensent que les billets de banque vont pleuvoir !

jeudi 27 juin 2013

Un hotel hypra mega cool

Au Kazakhstan, nous sommes allé dans un hotel. Il y avait des tobogants, des grandes chambres, plein de jeux, et il y avait pleins de gens. Il sapelait: SUN STORY. Il était très beau. Mais le problème dans notre chambre, il y a cinq lits au lieux de 4 lits. Nous somme rester 1 jour et demi.

JOURNÉE CATASTROPHIQUE

Un jour au Kyrghistan, nous sommes allés au lac Song-Köl. Une magnifique étendue d'eau située dans les montagnes, à trois milles mètres d'altitude. Là ou les troupeaux viennent brouter tranquillement, là ou les gens viennent installer leur yourte pour l'été. Le soir,(dans les montagnes,) il fait très froid. On a du ressortir les gros sacs de couchage. Mon père et moi n'avions qu'une idée en tête; ALLER PÊCHER. Nous avions préparés une bouteille avec du pain pour attirer les poissons. Le chemin était boueux, nous avons du faire attention à ne pas salir nos chaussures.
Mon frère et ma mère sont arrivés et nous avons commencés à pêcher. Nous avons du attraper cinq ou six poissons mais ils se sont échapés en sautant du saladier. On trouvait ça vachement drôle. Après, nous sommes allés nous balader dans les rochers. Nous avons vu une carcasse de chèvre accrochée dans les rochers. Je me demande toujours ce qu'elle faisait là. Ensuite, nous sommes rentrés au camper et avons vu un trou. Nous pensons que c'est vache qui a donné un coup de corne. Le lendemain matin, une des chaînes qui attache le camper à Rudolf n'est plus là. Que va t'il nous arriver encore? Je ne sais pas, mais c'est stressant. J'ai l'impression que le camper va se desintegrer.

mardi 25 juin 2013

Le Kirghizstan

La frontière kirghize nous a laissé une excellente première impression: nous avions choisi un point de passage peu fréquenté et nous n'avons pas été déçus.
Il n'y avait aucun camion à ce petit poste-frontière et les douaniers ont préféré une séance photo avec nous plutôt qu'une fouille de nos affaires.
Nous avons passé la frontière un mardi matin et avions décidé d'être à Bichkek, la capitale, le lundi d'après au maximum, pour y déposer nos demandes de visas chinois. Quelques 500 km de route, dont deux cols à plus de 3000m nous séparaient de la ville. Nous avons décidé de prendre notre temps. Un petit détour nous amena jusqu'à une réserve de biosphère autour d'un lac d'altitude. L'idée de dormir au frais au bord d'un beau lac nous tentait bien. Au final, l'expérience fut différente, mais vraiment agréable. La route pour se rendre au village d'Artic, situé à l'entrée de la réserve, était sinueuse à souhait, avec des belles façades montagneuses et des excroissances rocheuses rouges. À un moment, nous avons eu l'impression de traverser le pays des Hobbits, avec des collines couvertes d'herbe tendre. Le village d'Artic mérite largement le détour à lui seul.
Nous nous sommes retrouvés propulsés quelques centaines d'années en arrière: les jeunes se déplacent à cheval, les maisons côtoient les yourtes, les vaches se baladent en plein village et les enfants les plus vieux portent leur petit frère sur le dos. Arrivés tard, nous avons dormi au cœur du village devant la porte d'accès au parc. Le parc en soi s'est révélé décevant, un joli lac, mais 15 km de piste de montagne défoncée pour l'atteindre, pas de longs sentiers de randonnée, et Loïs n'a pas réussi à attraper de poissons! Au retour, nous avons repassé une nuit au village, appréciant la discrétion et l'amabilité des kirghizes (après notre expérience « Britney Spear » ouzbèk, nous sommes devenus méfiants !).
Le reste de la route en direction de Bichkek nous a réservé bien d'autres surprises: la route traverse des canyons multicolores, grimpe des cols aux sommets desquels la vue est hallucinante, longe un réservoir d'eau magnifique (et pas trop froid d'ailleurs, nous y avons tous plongé !) et traverse les « jailoos », ces alpages dans lesquels les kirghizes passent les trois mois d'été sous yourte avec leurs familles et leurs animaux.
Le Kirghizstan est non seulement absolument superbe, mais en plus, nous trouvons facilement des endroits sympas pour bivouaquer le soir et des rivières de montagnes propres pour remplir nos réservoirs d'eau. Les Kirghizes sont hospitaliers, curieux et très respectueux. Bref, c'est tout heureux que nous débarquons à Bichkek, la capitale. Nous y restons 3 jours, le temps de fêter dignement les anniversaires de Malcolm et Yvana: pizza, banana split pour l'un et magret de canard, vin rouge pour l'autre. Il suffit de peu de choses pour se sentir heureux ! Nous déposons notre demande de visa pour la Chine au passage. L'attente des visas nous laisse 8 jours de libre pour aller flâner et nous nous décidons pour une visite du lac Yssik-Kul et une grimpette jusqu'au lac Song-Köl, à plus de 3000m.
Notre expédition vers le lac d'Yssik-kul s'est avérée être décevante. Tous les Kirghizes encensent ce lac et vantent que certains de ces villages sont le ''Cancun'' de l'Asie centrale. On souhaite prévenir de suite les amoureux de Cancun. Ne vous précipitez pas pour faire vos bagages et prendre un avion pour cette destination au lieu de vous diriger vers le Mexique ou la République Dominicaine...Ce fameux village ne présente vraiment aucun intérêt et le seul point commun avec Cancun réside dans le fait que pouvoir croiser dès 10 heures du matin, des gens en train de se saouler (en l'occurrence, la vodka remplace la tequila). Pour la deuxième fois depuis notre départ d'Europe, nous faisons l'erreur de vouloir dormir près d'une plage en ville et nous le regrettons bien vite en voyant débarquer des jeunes qui viennent boire en écoutant de la musique à fond. Trop âgés pour les rejoindre faire la fête, nous devons trouver un autre emplacement pour dormir, au beau milieu de la nuit (ce qui n'est pas aisé car trouver un endroit discret la nuit est délicat). Le lendemain, ce sont les pluies fortes qui apportent la goutte faisant déborder le vase (et le campeur par la même occasion).
Comme nous avons la chance de pouvoir bouger notre maison quand un endroit nous déplait, nous allons voir ailleurs si nous pouvons retrouver la tranquillité des paysages sublimes du Kirghizstan. Et en effet, il aura fallu pas plus de 100 km pour trouver un endroit très charmant en bordure de rivière ou nous pouvons admirer les chevaux sauvages et jouer au soccer avec des Kirghizes. Il faut aller chercher ce qui a de plus beau dans un pays et si ce pays vous offres des paysages magnifiques, c'est en allant au devant de cette nature que vous vivrez les plus belles aventures. Les principales destinations préconisées par notre guide se sont avérées décevantes car soit trop touristiques soit destinées à des parvenus très désagréables. Nos plus belles rencontres se sont faites en pleine nature prêt de yourtes occupés par des habitants bien sympathiques. Le Kirghizstan possède de magnifiques montagnes et nous nous en sommes mis plein les yeux pendant ces deux semaines. Nous avons connu la canicule à Bichkek et une tempête de neige sur un col à 3200m d'altitude, des nuits très calmes dans une nature vierge et des nuits plus agitées car perturbées par des jeunes qui se plaisent à transformer leur voiture en discothèque...On en passe, bref, nous avons vécu des expériences très riches qui positionnent ce pays au top de nos destinations préférées.
En parlant d'expériences très « riches », le Kirghizstan a aussi été l'occasion par deux fois de tester nos capacités à sortir Rudolf de situations délicates.



Hé oui, nous nous sommes fait surprendre deux fois par du sable. Un premier ensablage a permis de tester les plaques de désensablage qu'Olivier avait fabriqué pour nous à Belfort. Par chance, c'était l'après-midi, au bord de l'eau, au milieu de groupes de jeunes kirghizes venus se baigner. Quelques coups de pelles, un bon positionnement de la plaque et des bons bras pour pousser ont permis de sortir Rudolf de ce mauvais pas en moins de 20 minutes. Une bonne occasion qui prouve l'amabilité et le sens de l'entraide des Kirghizes. La deuxième fois a été beaucoup plus pénible. En approche vers un lac, une couche herbeuse cachait un sous sol de sable très mou. Les 5 tonnes du véhicule ont permis très rapidement de valider la théorie de Newton et nous nous sommes retrouvé bloqués vers 6 heures du soir dans le sable. Le sable était tellement mou que les plaques de désensablage se dérobaient sous les pneus pour s'enfoncer dans le sable. Quelques tentatives, le soir, se sont révélées infructueuses malgré 4 heures de travail et des tonnes de sables pelletées (incluant certaines fois ou les roues étaient tellement enfoncées que Rudolf reposait sur le bas de caisse, nécessitant de pelleter des surfaces énormes). Une bonne vodka pour trouver le sommeil et on s'y remet le lendemain. Quelques essais permettent de gagner des centimètres précieux mais à chaque fois, c'est le même scénario: les plaques glissent sur le sable, s'enfoncent parfois à plus d'un mètre et le camion roule comme un cycliste s'entrainant sur un tapis roulant. Il faudra 4 heures de plus et l'aide d'une dizaine de personnes pour finalement sortir Rudolf du sable. Personnellement, nous y avons laissé une énergie énorme (nous avons même du reboucher le trou avant de partir). Cela fait bizarre de ce se sentir si vulnérable et depuis, nous sommes à la limite de la paranoïa à chaque fois que l'on quitte les routes bétonnées.
PS: pour la petite histoire, l'ambassade de Chine qui nous avait fait patienter et nous avait fait payer nos visas n'a jamais lu l'invitation, en chinois (!), fournie par notre agence de voyage, ainsi que le formulaire dûment rempli en 4 exemplaires, dans lesquels nous mentionnions que nous rentrions en Chine le 5 août. L'ambassade a émis des visas valables jusqu'au 10 juillet et a ensuite refusé de reconnaître son erreur ou de nous rembourser. On va donc devoir tout recommencer à l'ambassade chinoise d'Oulan-Bator...Parfois, en plus de l'énergie pour pelleter, il faut être zeeeeeeeeeen...