dimanche 9 juin 2013

Les merveilles ouzbeks

D'accord, le titre est un peu pompeux, mais vraiment, ce pays le mérite.

Après nos longues tractations douanières, nous avons rejoint Tashkent, la capitale de l'Ouzbékistan pour y trouver un hôtel. Nous avions tous besoin d'une longue douche et de laver du linge. Nous avons tourné un peu en rond dans la ville, fatigués et énervés, avant de tomber sur ce que nous cherchions: une chambre d'hôtel « luxe », c'est-à-dire une chambre séparée et un salon avec sofa-lit pour les enfants, une salle de bains avec baignoire (!!), une télé avec des chaînes françaises et … une petite piscine ! Vraiment, on apprécie de petites choses en voyage, mais là, ces 2 nuits de rêve (et la possibilité pour Gérald de voir un match de rugby au milieu de la nuit sur TV5) représentèrent un break bien mérité après nos 3500km kazakhs.

La capitale ouzbek est très agréable. Elle a un côté soviétique avec de grandes avenues bordées d'arbres (ou Rudolf se faufile facilement), quelques monuments, un bazar immense situé dans la vieille ville (moins évident pour Rudolf...) mais surtout, des activités culturelles. Nous optons pour le cirque (l'opéra est fermé pour rénovations, à ma grande déception). C'est une véritable expérience: un vrai cirque – les enfants n'étaient jamais allé dans un cirque « classique » - avec des lions qui sautent à travers des cerceaux enflammés, des chameaux (influence kazakhs !) dressés, des gymnastes russes, des clowns assez drôles. Les enfants ouzbeks autour de nous sont littéralement émerveillés, les nôtres sont bouche bée et apprécient vraiment le spectacle. Même le chapiteau est féerique: une grande arène avec siège en velours rouge rembourrés, un peu fatigué, certes. Le chapiteau est chargé d'odeur, plus compréhensible quand on voit le nombre de chameaux en piste et le fait que le lion ait uriné sur une spectatrice. Bref, toute une expérience! Notre envie de rester à Tashkent une nuit de plus nous pousse à prendre un autre hôtel. Nous ne nous sentons pas à l'aise de passer la nuit dans le camper en ville. La raison: un état hyper policé. L'Ouzbékistan est en effet une dictature, modérée, mais qui se ressent particulièrement dans la capitale. Depuis des attentats terroristes en 1999, tous les sacs sont contrôlés à l'entrée du métro (si, si, il y a un métro !), les policiers peuvent nous arrêter dans la rue ou dans le métro pour contrôler nos visas, nous sommes forcés d'abandonner Rudolf en périphérie de la ville car la police le trouve trop encombrant, bref, on sent le regard policier sur nous de façon constante. Comme on sait que les douaniers contrôlent, à la sortie, les enregistrements de nos nuits d'hôtels, on se dit qu'il vaut mieux que nous dormions à l'hôtel. Et c'est une bonne chose, car nous apprenons alors la règle: une nuit d'hôtel dans chaque ville, et un délai de maximum 2 nuits dans la nature avant de s'enregistrer dans une autre ville. A Tashkent, les hôteliers sont tenus d'appeler la police si nous n'avons pas nos anciens enregistrements en règle...Ça promet pour la frontière ! Bon, on verra en temps voulu.


Notre deuxième étape ouzbek est Samarcande, ville mythique de la route de la soie. Nous sommes très impatients de la découvrir et nous ne serons pas déçus. Pas de mots pour décrire ces merveilles, la galerie de photos sera plus éloquente (si nous arrivons un jour à la poster...vive le débit de connexion internet qui diminue de jour en jour !).

Notre troisième étape est Bukhara, autre ville qui servit de caravansérail à l'époque de la route de la soie. Il faut savoir que, comme à Samarcande, les sites à visiter ne datent malheureusement pas d'Alexandre le Grand, car la plupart des bâtiments ont été détruits par le temps ou rasés par Gengis Khan au début du 1er millénaire. Cependant, le XVe et le XVIe siècle ont vu renaître ces villes et plusieurs dirigeants ont voulu marquer leurs règnes par des constructions époustouflantes. Que ce soit des medersas (écoles coraniques), des mosquées ou des mausolées, chacune rivalise d'élégance. Pour le plaisir de nos yeux.

Nous profitons donc d'un séjour plus urbain, ponctué de nuits d'hôtel, qui ressemble un peu à des vacances. Moins de route, moins de stress (pas de visa à récupérer dans ce pays), beaucoup de visites.

Nos haltes dans le monde rural sont donc discrètes, mais cela ne nous empêche pas de nous faire vite « repérer » par les locaux. Les ouzbeks sont réputés pour leur hospitalité (comme tous les habitants de l'Asie centrale) et ils ne vont pas y faillir. Lors de notre deuxième halte, nous sommes accueillis par un monsieur ouzbek qui nous propose un emplacement pour notre bivouac (l'Ouzbékistan est un pays dont les terres fertiles sont très cultivées, il y a donc moins de place pour nous arrêter). Nous sommes bien heureux d'avoir trouvé un petit coin tranquille, loin de la police. Mais en plus du gîte, notre hôte est revenu nous offrir un riz pilaf le soir et un porridge (au mouton...no comment) le matin. Nous avons eu droit à des cadeaux artisanaux aussi, car nous leur avions offert un ballon pour les remercier de tout. Nous avons eu du mal à repartir, il semble que les voisins s'étaient passé le mot, et nous étions maintenant invités à rester sur leur terre !

De retour à Tashkent, nous avons à nouveau profité de la piscine de notre petit hôtel (hé oui, on s'habitue vite au luxe, surtout quand il fait plus de 40 degrés à l'ombre dehors...). 
Nous avons décidé alors de faire comme les ouzbeks et d'aller nous promener dans les parcs puisque nous étions dimanche après-midi. Parcs immenses, verdoyants mais surtout, équipés de manèges datant de l'ère soviétique, dans une ambiance de kermesse. Les enfants se sont éclatés ! Nous, nous sommes restés bouche bée devant les hélices qui faisaient tourner les balançoires (si, si, hélice...!).

Le lendemain, départ en direction du Kirghizstan, on se réjouit de voir lacs, montagnes, chevaux, nature.

Nous traversons la vallée de Fergana et nous arrêtons dans un village pour y passer la nuit afin d'attaquer le passage de la frontière au petit matin le lendemain. Nous trouvons une superbe place au bord de l'eau. Viennent quelques enfants, suivis de leurs parents. Tous sont sympathiques, mais très vite nous nous retrouvons au milieu d'une foule d'une centaine de personnes. Nous jouons le jeu d'une séance photo digne de starlettes. Les enfants sont aussi assaillis par une horde de jeunes et sont contents de pouvoir communiquer avec eux même si la barrière de la langue ne facilitait pas ces échanges.
L'effet de masse fait en sorte que les Ouzbeks deviennent de plus en plus confiants et commencent à monter dans le camper... Bref, nous avons décidé de partir en vitesse. L'ambiance devenait lourde et parfois un peu hystérique (depuis, plus aucun de nous ne veut devenir une star !). Après une journée de route, nous sommes fatigués. Nous sommes toujours heureux de rencontrer les locaux et passer du temps avec eux, mais lorsque qu'au bout de 2 heures vous vous retrouvez avec 80 personnes qui vous regardent manger dans votre boite comme si vous étiez des singes dans une cage, l'expérience devient tout de suite plus désagréable. Nous avons été forcés de trouver un endroit ou dormir alors qu'il faisait nuit. Pas facile lorsque nous tachons de trouver des chemins tranquilles. Cet épisode est à l'image de notre ressenti sur notre expérience en Ouzbékistan, à savoir que le pays est magnifique et les gens sont très chaleureux, mais cet état très policé et règlementé rend la vie des campeurs compliquée. Nous étions sensés dormir dans les hôtels qui enregistrent les touristes auprès de la police. Nous avons joué le jeu dans les villes mais avons du nous cacher en campagne. Cela laisse un sentiment d'être toujours dans l'illégalité. Notre liberté en est grandement affectée. C'est un peu dommage car cela ne nous a pas permis de profiter de l'Ouzbékistan comme nous l'aurions voulu. Les règles rigides limitent le voyageur à visiter les grandes villes et dépenser son argent dans les endroits prévus pour. C'est dommage car nos plus belles rencontres ont eu lieu en dehors de ces « circuits » touristiques.

Mais on aura apprécié à sa juste valeur toute la richesse historique de l'Ouzbékistan.

A nous la nature et les grands espaces du Kirghizstan...

mardi 28 mai 2013

L'école en voyage.

Je ne vais pas a l'école normal car je fais le tour du monde avec ma famille. Chaque jour je travaille dans des cahier de maths,anglais,français. En voyage j'ai appris des choses différent: sur les animaux, sur les différences entre des crétiens et des musulman, sur les cheminée de fée et la nature, des choses sur l'histoire. Mon bureau est une bande désiner car l'école est dans la voiture. C'est difficile d'écrire parce que sa bouge. Je trouve que l'école en voyage est trop long et platte, mais j'aime mieux avec maman quand même.

Kazakhstan – bilan

Et oui, ce pays mérite un petit bilan. Nous avons finalement passé neuf jours au Kazakhstan, qui paraissait petit vu du Canada et qui s'avéra être un pays immense, dont nous avons parcouru près de 3,500 km dans des conditions souvent difficiles.

Ce pays est rempli de contrastes. Nous y avons vécu des très belles expériences et d'autres plus ardues. On a rencontré des visages bourrus et d'autres très amicaux, des steppes arides et de vertes oasis ou nous avons pu nous relaxer au bord de l'eau, des routes magnifiques ou poussés par le vent, nous avons pu rouler à des moyennes de 100km/h, et d'autres ou il nous a fallu plus de 3 heures pour couvrir 60km.


Premier aspect intéressant du Kazakhstan: la nature. Nous avons quitté la Russie en traversant la Volga qui avait débordé et inondé des champs entiers pour entrer au Kazakhstan et découvrir un paysage désertique digne de celui de Dubaï. Du sable à perte de vue sur des steppes plates avec, cerise sur le gâteau, des chameaux par milliers qui partagent de rares points d'eau avec de magnifiques chevaux sauvages.
Le summum de la désertification du Kazakhstan se concrétise en visitant la ville d'Aralsk, port de cette fameuse mer qui a fondue comme neige au soleil à cause de décisions douteuses de l'époque soviétique (cultiver le coton, plante nécessitante d'importantes quantités d'eau, dans une région aride). Cette ville dont l'exploitation portuaire faisait vivre 60,000 personnes se trouve aujourd'hui à plus de 80km du rivage et l'eau de la mer d'Aral a atteint des taux de salinité empêchant toute vie de subsister.

Coté faune, nous avons été ébloui par le nombre de rapaces (aigles et faucons) chassant dans des steppes sans fin, par des sortes de marmottes miniatures qui se tiennent toute droites au bord des routes, comme contrôlant le passage, par les chameaux bavants et poilus nous regardant d'un air las, ou par les troupeaux d'animaux domestiques, moutons, chèvres, vaches et chevaux qui se mélangent parfois.

Coté humain, nous avons eu des contacts limités au début de notre parcours. Le coté réservé des kazaks et la barrière du langage dans les villages ont rendu les contacts difficiles. Nous avons eu la chance de faire de magnifiques rencontres avec des locaux qui ont su nous montrer leur sens de l'hospitalité comme cette famille qui nous a invité à partager le thé avec elle (le thé s'est avéré être un véritable festin).
Je ne vous raconte pas la tête que nous avons faite lorsqu'après un repas pris au campeur, nous avons vu une table remplie de gâteaux, bonbons, fromages, yaourt, pains et leur fameuse soupe au nouilles. Nous avons passé une excellente soirée mais faire deux repas en une soirée n'a vraiment plu qu'à Gerald qui a pu se remplir l'estomac pour la semaine complète.


Que dire des routes... pas de surprises de ce coté. Nous nous attendions au pire et nous avons vécu le pire. Des routes impraticables pour un Rudolf chargé d'un campeur qui ne cessait de sauter et basculer de gauche à droite. Des camions coincés dans la boue qu'il fallait croiser, une troisième voie virtuelle que les kazakhs se créaient en dépassant alors qu'un autre véhicule arrive en face, comptant sur la bonne volonté des deux automobilistes pour se tasser.

Mais la cerise sur le gâteau restera les policiers. Comme dans les pays précédents, le fait que Rudolf ne possède qu'une seule plaque fut un prétexte constant pour nous arrêter. Autant cela était folklorique dans les autres pays, autant votre patience atteint ses limites dans ce pays ou nous nous avons rencontré ce genre des patrouilles au moins 5 à 8 fois par jour. Parfois, les policiers se contentaient de vérifier nos papiers avant de nous laisser partir en tentant gentiment de nous soutirer quelques dollars (qu'ils n'ont jamais reçus de notre part), parfois d'autres se sont montrés plus insistant et il nous fallait profiter d'un moment opportun pour leur reprendre nos papiers avant de partir sans leur demander leur avis.

Nous savions le pays corrompu mais nous fûmes déçu de constater que la pire expérience policière nous attendait à notre entrée en Ouzbékistan. Après avoir attendu plus de 5 heures à la douane, des policiers imbibés de vodka ont tenté de nous soutirer de l'argent en nous disant que nous avions trop bu! Situation délicate que de gérer un policier corrompu et bourré qui ne montre aucun signe de sympathie. La aussi, nous sommes resté fermes et tout en restant polis, nous lui avons gentiment fait comprendre que son statut de policier ne lui donnerait pas un ascendant suffisant pour que nous puissions satisfaire ses avides besoins d'argent. Ce chapitre sur les policiers corrompus ne se refermera donc pas en quittant le Kazakhstan.

Voilà, nous sommes en Ouzbékistan. Nous retournerons au Kazakhstan dans 1 mois pour rejoindre la Mongolie. Mais nous sommes désormais des voyageurs avertis. Jusqu'à maintenant nous pouvons même nous targuer d'un bilan positif car non seulement ceux-ci n'ont jamais réussi à nous soutirer quoique ce soit alors qu'un d'entre eux a du nous laisser son porte-clé ! Il faut croire que le monde de requins des affaires auquel Gérald est confronté en Occident nous prépare très bien à ce genre d'expérience !

samedi 18 mai 2013

Un jour a la ferme

Un jour, nous nous sommes arrêtés au bord de la mer en Ukraine. On s'était pile arrêtés près d'une sorte de ferme ou habitait un homme et deux petits garçons jumeaux. Il nous a dit qu'on pouvait dormir sur la plage, puis, il nous a offert du lait frais provenant de sa ferme.
Après, il nous a invités dans sa ferme pour voir les animaux. Il y avait des chèvres, des cochons, des paons, des poules, des canards, des dindons... En tout cas, il y avait pleins d'animaux. Après, il nous a donné des poissons séchés. Nous avons essayés de lui dire que c'était trop pour nous, mais il ne comprenait pas. Donc, on a du les garder. Pour les remercier, nous avons offert un ballon de soccer aux petits garçons. Ils ont joués avec toute la soirée. On ne savait pas quoi faire des poisson. Tout d'un coup mon père a eu une idée. Nous allions faire une soupe de poissons. Malheureusement, c'était trop salé. Alors, on ne l'a pas mangé.

Kazakhstan

Ça y est, l'Aventure commence. Nous avons quitté tout ce qui ressemblait encore à des repères et avons franchi la frontière kazakh. Les quelques jours précédents, nous avions traversé un minuscule bout de Russie (1000 km...une goutte d'eau dans l'océan russe). Belles églises surmontées de dômes dorés, des champs à perte de vue, quelques forêts, quelques villes assez modernes, dont une remplie d'asiatiques et de temples bouddhistes...allez comprendre...La frontière kazakh est marquée par la Volga, qui doit déborder pendant les crues de printemps, car les routes empruntées semblaient flotter sur l'eau. La sortie de Russie s'est effectuée comme l'entrée, sans encombre. L'entrée kazakh fut relativement aisée aussi, bien que le douanier, après avoir inspecté le camper (et demandé son prix), se soit lancé dans un speech sur la NHL canadienne en essayant d'obtenir un « souvenir »...et ça commence !

Après 2 journées kazakhs, nous pouvons confirmer que oui, la police est bien présente. Ville, campagne, village, elle vous repère de loin et viens montrer son pouvoir. Les policier s sont assez sympas en général, mais jesens que ces contrôles constants vont vite nous taper sur le système.
Nous confirmons aussi qu'il vaut mieux choisir la bonne route. Le trajet Astrakhan-Atyrau, environ 300 km, nous a pris 8 heures. Et pas le choix, car si on essaye d'aller plus vite, on est sur de casser Rudolf. Donc ce matin, nous avons opté pour un « léger » détour (500 km de plus...) afin d'éviter une route réputé pour être désastreuse. On ira pas vérifier ! Nous confirmons également qu'un séjour au Kazakhstan vaut bien un mini-safari: outre les vaches, moutons et chèvres qui encombrent les routes, ce sont des troupeaux entiers de chameaux et de chevaux sauvages qui gambadent dans la steppe. Et comme nous sommes au printemps, nous avons le spectacle des jeunes poulains qui font leur premier pas. De toute beauté ! On remercie la faune car au niveau de la flore, c'est plus déprimant: des herbes courtes et broussailleuses à perte de vue. À cela, vous rajoutez quelques derricks datant de la préhistoire qui s'élèvent ça et là, des villes à moitié fantôme faites de maisons en torchis,

un vent si fort qu'il est difficile d'ouvrir la portière de la voiture et 34 degrés à l'ombre...Un pays pour l'instant très aride, mais les paysages et les climats sont tellement changeants, que l'on risque d'avoir des surprises en 2500 km.

Sinon, les Caribous se portent bien. Le rythme du voyage est installé: école dans la voiture (malgré les bosses), des repas de plus en plus souvent dans le campeur, car les restaurant sont plus rares et moins diversifiés, jeux de ballon dans la nature en fin de journée, jeux de société sur le grand lit.



Les enfants font preuve d'une belle patience malgré les heures de route (agrémentées de Nintendo, de films, de livres et de travail). Ils sont maintenant des pros de la géographie, ont des notions d'histoire des régions que nous traversons. Ils ont fait de beaux progrès en anglais et arrivent à prononcer quelques mots dans chaque langue des pays visités. Pour l'instant, beaucoup de plaisir de leur côté. Les parents gèrent plus de stress évidemment.
Un voyage pareil est un défi quotidien. Rien n'est jamais acquis. Et nous apprenons à gérer les problèmes les uns après les autres. Hier, par exemple, nous avons constaté le matin que de l'eau coulait sous le campeur, du côté des éviers. Donc l'après-midi, bien garé dans un parking d'hôtel, Gérald a passé 4 heures la tête dans la plomberie du campeur pour colmater la fuite (qui s'en allait droit sur le système électrique de tout le campeur...) pendant qu'Yvana frottait et re-frottait la montagne d'habits sales dans le lavabo de l'hôtel. Mmmm, des vacances vous dites ??

vendredi 10 mai 2013

Ukraine

Nos visas Russes...


On les aura mérités. Étant donné que le consulat d'Odessa était fermé durant la Pâques orthodoxe, nous en avons profité pour nous diriger vers la Crimée. En effet, Simferopol, centre administratif de la Crimée abrite un autre consulat ou nous pouvons faire une demande de visa de transit. En attendant que nos visas soient traités, nous nous sommes dit qu'un peu de tourisme serait bienvenu: la guerre de Crimée, Sebastopol, Yalta... autant de références qui incitent à la curiosité. Notre séjour en Crimée fut légèrement moins pittoresque. Simferopol est une capitale administrative assez tranquille. Certains parcs sont des lieux familiaux avec des enfants qui jouent et qui s'aspergent d'eau dans les fontaines alors que d'autres sont plutôt sales et glauques et servent de lieu de rendez-vous pour abuser de la vodka. Nous passons une nuit en bordure d'une route qui paressait tranquille mais qui s'avéra être un lieu de passage continuel. Personne ne nous a ennuyé mais les voitures ont défilé toute la nuit. Pas de souci, nous accusons le coup en nous disant que le lendemain, notre demande serait déposée au consulat et que nous n'aurions à revenir que quelques jours plus tard pour récupérer nos visas.
Erreur, le consulat a bien ré-ouvert le lendemain, mais les employés nous ont fait comprendre que nous ne pourrions pas déposer nos demandes de visa avant le 8 mai (la veille d'un autre congé de 4 jours). Rester 2 jours de plus à Simferopol ne nous enchantait pas alors nous décidons de partir vers Yalta. Il est clair que la région est très jolie et que la Crimée possède un joli relief, mais Yalta a le malheur de se trouver dans une situation similaire à Trabzon:
une ville coincée entre la mer Noire et des montagnes qui favorisent la brume. C'est donc dans la brume que nous retournons sans trop d'enthousiasme. Aucun moyen de trouver un camping dans la région, alors nous nous promenons avec Rudolf en pleine ville. Nous trouvons une place et décidons de nous détendre un peu. Après une agréable marche le long de la cote, nous nous arrêtons boire un verre lorsque qu'un orage se met à tonner. Horreur, deux jours avant, nous avions cassé la lucarne du toit au-dessus du matelas. Nous courons comme des malades avec nos gougounes et retrouvons le Campeur 5 à 10 mn après le début de la pluie. On calfeutre la lucarne et protégeons ce qui peut être protégé. Les dégâts sont minimes, mais nous retiendrons la leçon qu'  « un tiens vaut mieux que deux tu l'auras » en matière de voyage. Nous attendions un camping pour fixer tranquillement cette lucarne et nous voulions visiter la Crimée pendant que les Russes traiteraient nos visas. Erreur, il ne faut pas être plus royaliste que le roi et nous apprenons sur le terrain qu'il est certainement préférable de fixer rapidement les choses qui doivent être fixées et demander nos visas dès que c'est possible de le faire (dans notre cas, passer 3 jours de plus à Ankara aurait été certainement la meilleure solution).
Fâché par l'orage et la brume, nous faisons demi-tour et regrimpons chercher le soleil. Nous avions vu, le long du chemin, dans les montagnes, de petits restaurants. Nous nous arrêtons dans l'un d'eux, nous négocions de dormir sur leur parking profitons d'un bon souper et le lendemain, nous prenons carrément une chambre dans leur petit hôtel pour passer une journée complète dans un endroit sympa. En effet, rien ne nous attend à Simféropol, la perspective d'un véritable shampoing met Yvana dans tous ses états et la petite rivière, les jeux pour enfants et les promenades en forêt achèvent de nous convaincre.
Ce sera donc une journée lessive-chasse aux insectes-sieste-bricolage.
Le mercredi, nous repartons pour Simferopol, bien décidés à forcer la porte des Russes. Mais aussi résignés à attendre une bonne semaine pour récupérer nos visas. En effet, les sites officiels annoncent des délais de 7 jours minimum pour l'obtention d'un visa pour les Français. À 9h15, nous réussissons enfin à pénétrer dans le consulat. Ouf, un pied dedans, nous sommes sur la bonne voie. Et parfois, il y a des jours de chance. Après un petit moment, nous sommes reçus par un fonctionnaire, tout sourire, qui nous fait nos visas en ..30 minutes. Nous sommes ressortis tout abasourdis du consulat, avec un peu de mal à y croire. Bye bye l'Ukraine, on repart vers l'est, plus que 20 000 km avant le Pacifique !

Impressions d'Ukraine


L'Ukraine est bien proche de l'Europe que nous connaissons et si vous vous retrouvez à boire un café sur une terrasse d'Odessa, vous vous sentirez comme à la maison. Pourtant, en se plongeant dans les détails, c'est tout un choc culturel et de belles découvertes qui vous attendent. Voici quelques détails insolites qui nous ont plu.

Les Ukrainiens aiment décorer leur maison.

Dans les campagnes, c'est le bleu qui est à l'honneur, mais parfois aussi d'autres couleurs vives. Les devantures, qui donnent sur la route, sont souvent décorées de gravures qui les rendent vraiment charmantes. Ce qui est drôle, c'est que cette « mode » a parfois été reproduite sur les immeubles de l'ère soviétique. Tout un contraste entre ces blocs de bétons délabrés et les petites gravures ukrainiennes qui ornent les balcons !

Les Ukrainiens n'aiment pas enterrer leurs tuyaux.
Tout d'abord, on pense que les routes sont dotées de « portes » limitant l'accès aux véhicules trop haut, comme les camions. Et bien non, ce sont en fait les canalisations. Celles-ci descendent de la route principale jusqu'aux villages, formant un labyrinthe de tuyaux de différentes formes et couleur, à l'air libre.

Les Ukrainiens aiment vendre au bord de la route. Et aiment acheter du poisson séché et du miel. Dans certaines régions, on trouve des étals tous les quelques mètres !


Les corbeaux ukrainiens sont nombreux. Juchés dans les arbres, au crépuscule, on se sent un peu dans un film d'Hitchcock !

Les traiteurs des supermarchés ukrainiens sont le meilleur endroit pour découvrir les spécialités locales. En effet, après avoir passé 45 minutes à essayer de déchiffrer le menu du restaurant et avoir commandé pour la cinquième fois des brochettes de poulet, la devanture du traiteur permet de voir la nourriture et de choisir. Bon, il reste quand même des surprises, comme ce dîner acheté le deuxième jour et durant lequel nous avons mangé...des crêpes à la confiture et aux pommes. Les enfants étaient ravis !

L'écriture cyrillique est très simple: le H se prononce N, le N se prononce I, le Y se prononce U et ainsi de suite. Donc si vous voulez vous retrouver dans la bonne ville, vous avez intérêt à mémoriser de façon photographique le nom en Ukrainien ou en Russe !

Les policiers ukrainiens sont non seulement assez sympa en général (non, non, Monsieur, il n'y a PAS de plaque à l'avant des véhicules au Canada...on y a droit tous les 50 km!) mais également indulgent: « un feu rouge...oups, je crois que je l'ai un peu grillé, certes... » ne nous pas coûté d'amende salée. Ouf.

Les Ukrainiennes ne sont pas toutes blondes. On a bien du voir une ou deux brunes... ! Par contre, c'est vrai: elles sont sacrément jolies et ont les plus longues jambes de l'univers. Je pense que Gérald a encore un torticolis à force de se retourner.

L'Ukraine est une terre de contrastes, à nouveau, et si l'on trouve Zara sur les belles avenues d'Odessa, on se tape aussi des centaines de km de routes en mauvais état, voire en horriblement mauvais état. Les Ladas sont aussi nombreuses que les 4x4 rutilants, et les babouchkas, fichus sur la tête, peuplent les campagnes.



Quelques informations pratiques pour les voyageurs: coût de la vie relativement élevé dans les grandes villes (Boissons: 3$ pour un cappucino, 3$ la bouteille d'eau, 1,5$ le coca, 3$ le verre de vin, entre 2 et 4$ pour une bière pression / repas: environ 7-8$ le plat, pas très copieux, les accompagnements sont en sus), impossible de trouver un camping, hôtel bon marché en dehors des grands centre (30$ pour une nuit, chambre très confortable), route depuis la Moldavie jusqu'à Odessa dans un état déplorable, certains tronçons sont presque impraticables. Essence à 1 euro le litre, Diesel à 0,90-0,95ct d'euros. Bcp de wifi dans les villes, parking facile, aucun problème de sécurité à notre avis. Attention, il est parfois difficile de trouver des restaurants dans les campagnes.

samedi 4 mai 2013

Le pourtour de la mer noire.

Nous ne saurons certainement jamais si c'est le fait d'habiter au canada ou de ne pas etre passé par une agence qui nous a couté ces délais, mais une chose est sure, nous avons attendu bien trop longtemps a Trabzon ces visas Iraniens qui ne nous serons certainement pas accordés et il est temps de prendre des décisions. La notre fut de contourner la mer noire. Ce détour rajoute plus de 2000 km sur notre parcours initial. L'assurance de la voiture a pris fin et il faut désormais se dépêcher de rejoindre le Kazakhstan pour nous assurer que nous tiendrons notre calendrier (serré car notre voyage ne durera pas plus de 7 mois). Destinations Ankara ou nous obtenons nos visas Kazakh en 3 jours et profitons pour découvrir Ankara (avec ses parcs remplis de BBQ).
Nous repartons le lundi en nous assurant une dernière fois que nous pouvons faire une croix sur notre visa Iranien.



Prochain pays, la Bulgarie.
Que de contrastes dans ce pays ou nous entrons en traversant un village sorti du moyen age empreint d'une forte pauvreté et cette riviera découverte après quelques kilomètres ou les hôtels nous rappelaient la folie des grandeurs de Dubai. Nous avons galéré pour trouver un endroit ou dormir et le regard lugubre des Bulgares ne nous rassurait peu. Nous avons finalement trouvé une jolie plage pour reprendre des forces avant de repartir de plus belle.
Nous nous levons tôt pour tenir nos délais et arriver à Odessa (Ukraine) assez tôt pour demander nos visas de transit pour la Russie. Les visas étant définis pour des entrées, sorties et durées précises, nous devons absolument arriver à Odessa le plus vite possible. Nous arrivons en Roumanie et trouvons un camping pas trop loin de la mer. Grosse montée d'adrénaline lorsqu'Yvana apprend que les pays Orthodoxes fêtent la Pâques et que c'est férié les jours ou nous comptions justement nous rendre au consulat Russe. Afin de ne pas répéter l'erreur de Trabzon et être coincé 7 jours dans une ville, nous décidons de rouler comme des malades pour parcourir les 1000 km restant en deux jours afin de déposer nos demandes de visa le vendredi.
Avec Rudolf, les embouteillages, les traversées de villages, les nombreux contrôles routiers (et non, nous n'avons pas de plaques à l'avant du véhicule)... notre moyenne tourne aux alentours des 60km/h. Heureusement, nous parvenons tout de meme à doubler certains véhicules...

Donc, on se lève tôt avec l'espoir de rejoindre Odessa en moins de 48 heures. On passe l'anecdote sur cet employé des ferries qui voulait nous escroquer pour une traversée du Danube (ils voulaient que nous débarquions Rudolf du Ferry et ce sont des locaux qui ont sauvé la situation). Ensuite il a fallu compter sur le fait qu'entre la Roumanie et l'Ukraine, il faut traverser sur 500 mètres la Moldavie, charmant petit pays infesté de trafiquants d'armes. Nous arrivons dans les temps à la frontière. Il nous faut au total passer 4 douanes (sortie Roumanie, entrée Moldavie, puis sortie Moldavie et enfin entrée en Ukraine). Il nous aura fallu plus de 4h30 pour franchir ces 4 étapes. On a eu droit a tout, l'attente d'une heure au poste frontière Roumain car les gars étaient partis pour le lunch, la taxe Moldave pour tout véhicule étranger-incluant une taxe écologique, la sortie du territoire Moldave ou nous avons du négocier une amende fictive alors que nous n'avions fait que 500m dans le pays, enfin les Ukrainiens qui ont été très sympas et courtois mais qui ont tout de même imposés à Rudolf une fouille complète. Nous sommes ressorti de cette expérience lessivés et pensions que la route vers Odessa était ouverte devant nous, grave erreur. La route a été pourrie sur des kilomètres et des kilomètres. Le goudron était parsemé de trous béants empêchant toute progression supérieure à 20-30km/h. Les 300 km allaient paraître bien long. Malgré cela, on avance, on emprunte des routes parallèles de terre qui sont plus praticables que les routes. Nous croisons des Ukrainiens en treillis ressemblant à des mercenaires imbibés et ayant le même sourire que les Bulgare. Nous nous cachons tant bien que mal pour la nuit. Le lendemain matin nous arrivons enfin à Odessa et au consulat Russe pour apprendre que ce dernier est fermé. Ok, on reviendra lundi, en attendant on pose le Campeur en ville et on va profiter de la plage en prenant notre mal en patience.