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vendredi 10 mai 2013

Ukraine

Nos visas Russes...


On les aura mérités. Étant donné que le consulat d'Odessa était fermé durant la Pâques orthodoxe, nous en avons profité pour nous diriger vers la Crimée. En effet, Simferopol, centre administratif de la Crimée abrite un autre consulat ou nous pouvons faire une demande de visa de transit. En attendant que nos visas soient traités, nous nous sommes dit qu'un peu de tourisme serait bienvenu: la guerre de Crimée, Sebastopol, Yalta... autant de références qui incitent à la curiosité. Notre séjour en Crimée fut légèrement moins pittoresque. Simferopol est une capitale administrative assez tranquille. Certains parcs sont des lieux familiaux avec des enfants qui jouent et qui s'aspergent d'eau dans les fontaines alors que d'autres sont plutôt sales et glauques et servent de lieu de rendez-vous pour abuser de la vodka. Nous passons une nuit en bordure d'une route qui paressait tranquille mais qui s'avéra être un lieu de passage continuel. Personne ne nous a ennuyé mais les voitures ont défilé toute la nuit. Pas de souci, nous accusons le coup en nous disant que le lendemain, notre demande serait déposée au consulat et que nous n'aurions à revenir que quelques jours plus tard pour récupérer nos visas.
Erreur, le consulat a bien ré-ouvert le lendemain, mais les employés nous ont fait comprendre que nous ne pourrions pas déposer nos demandes de visa avant le 8 mai (la veille d'un autre congé de 4 jours). Rester 2 jours de plus à Simferopol ne nous enchantait pas alors nous décidons de partir vers Yalta. Il est clair que la région est très jolie et que la Crimée possède un joli relief, mais Yalta a le malheur de se trouver dans une situation similaire à Trabzon:
une ville coincée entre la mer Noire et des montagnes qui favorisent la brume. C'est donc dans la brume que nous retournons sans trop d'enthousiasme. Aucun moyen de trouver un camping dans la région, alors nous nous promenons avec Rudolf en pleine ville. Nous trouvons une place et décidons de nous détendre un peu. Après une agréable marche le long de la cote, nous nous arrêtons boire un verre lorsque qu'un orage se met à tonner. Horreur, deux jours avant, nous avions cassé la lucarne du toit au-dessus du matelas. Nous courons comme des malades avec nos gougounes et retrouvons le Campeur 5 à 10 mn après le début de la pluie. On calfeutre la lucarne et protégeons ce qui peut être protégé. Les dégâts sont minimes, mais nous retiendrons la leçon qu'  « un tiens vaut mieux que deux tu l'auras » en matière de voyage. Nous attendions un camping pour fixer tranquillement cette lucarne et nous voulions visiter la Crimée pendant que les Russes traiteraient nos visas. Erreur, il ne faut pas être plus royaliste que le roi et nous apprenons sur le terrain qu'il est certainement préférable de fixer rapidement les choses qui doivent être fixées et demander nos visas dès que c'est possible de le faire (dans notre cas, passer 3 jours de plus à Ankara aurait été certainement la meilleure solution).
Fâché par l'orage et la brume, nous faisons demi-tour et regrimpons chercher le soleil. Nous avions vu, le long du chemin, dans les montagnes, de petits restaurants. Nous nous arrêtons dans l'un d'eux, nous négocions de dormir sur leur parking profitons d'un bon souper et le lendemain, nous prenons carrément une chambre dans leur petit hôtel pour passer une journée complète dans un endroit sympa. En effet, rien ne nous attend à Simféropol, la perspective d'un véritable shampoing met Yvana dans tous ses états et la petite rivière, les jeux pour enfants et les promenades en forêt achèvent de nous convaincre.
Ce sera donc une journée lessive-chasse aux insectes-sieste-bricolage.
Le mercredi, nous repartons pour Simferopol, bien décidés à forcer la porte des Russes. Mais aussi résignés à attendre une bonne semaine pour récupérer nos visas. En effet, les sites officiels annoncent des délais de 7 jours minimum pour l'obtention d'un visa pour les Français. À 9h15, nous réussissons enfin à pénétrer dans le consulat. Ouf, un pied dedans, nous sommes sur la bonne voie. Et parfois, il y a des jours de chance. Après un petit moment, nous sommes reçus par un fonctionnaire, tout sourire, qui nous fait nos visas en ..30 minutes. Nous sommes ressortis tout abasourdis du consulat, avec un peu de mal à y croire. Bye bye l'Ukraine, on repart vers l'est, plus que 20 000 km avant le Pacifique !

Impressions d'Ukraine


L'Ukraine est bien proche de l'Europe que nous connaissons et si vous vous retrouvez à boire un café sur une terrasse d'Odessa, vous vous sentirez comme à la maison. Pourtant, en se plongeant dans les détails, c'est tout un choc culturel et de belles découvertes qui vous attendent. Voici quelques détails insolites qui nous ont plu.

Les Ukrainiens aiment décorer leur maison.

Dans les campagnes, c'est le bleu qui est à l'honneur, mais parfois aussi d'autres couleurs vives. Les devantures, qui donnent sur la route, sont souvent décorées de gravures qui les rendent vraiment charmantes. Ce qui est drôle, c'est que cette « mode » a parfois été reproduite sur les immeubles de l'ère soviétique. Tout un contraste entre ces blocs de bétons délabrés et les petites gravures ukrainiennes qui ornent les balcons !

Les Ukrainiens n'aiment pas enterrer leurs tuyaux.
Tout d'abord, on pense que les routes sont dotées de « portes » limitant l'accès aux véhicules trop haut, comme les camions. Et bien non, ce sont en fait les canalisations. Celles-ci descendent de la route principale jusqu'aux villages, formant un labyrinthe de tuyaux de différentes formes et couleur, à l'air libre.

Les Ukrainiens aiment vendre au bord de la route. Et aiment acheter du poisson séché et du miel. Dans certaines régions, on trouve des étals tous les quelques mètres !


Les corbeaux ukrainiens sont nombreux. Juchés dans les arbres, au crépuscule, on se sent un peu dans un film d'Hitchcock !

Les traiteurs des supermarchés ukrainiens sont le meilleur endroit pour découvrir les spécialités locales. En effet, après avoir passé 45 minutes à essayer de déchiffrer le menu du restaurant et avoir commandé pour la cinquième fois des brochettes de poulet, la devanture du traiteur permet de voir la nourriture et de choisir. Bon, il reste quand même des surprises, comme ce dîner acheté le deuxième jour et durant lequel nous avons mangé...des crêpes à la confiture et aux pommes. Les enfants étaient ravis !

L'écriture cyrillique est très simple: le H se prononce N, le N se prononce I, le Y se prononce U et ainsi de suite. Donc si vous voulez vous retrouver dans la bonne ville, vous avez intérêt à mémoriser de façon photographique le nom en Ukrainien ou en Russe !

Les policiers ukrainiens sont non seulement assez sympa en général (non, non, Monsieur, il n'y a PAS de plaque à l'avant des véhicules au Canada...on y a droit tous les 50 km!) mais également indulgent: « un feu rouge...oups, je crois que je l'ai un peu grillé, certes... » ne nous pas coûté d'amende salée. Ouf.

Les Ukrainiennes ne sont pas toutes blondes. On a bien du voir une ou deux brunes... ! Par contre, c'est vrai: elles sont sacrément jolies et ont les plus longues jambes de l'univers. Je pense que Gérald a encore un torticolis à force de se retourner.

L'Ukraine est une terre de contrastes, à nouveau, et si l'on trouve Zara sur les belles avenues d'Odessa, on se tape aussi des centaines de km de routes en mauvais état, voire en horriblement mauvais état. Les Ladas sont aussi nombreuses que les 4x4 rutilants, et les babouchkas, fichus sur la tête, peuplent les campagnes.



Quelques informations pratiques pour les voyageurs: coût de la vie relativement élevé dans les grandes villes (Boissons: 3$ pour un cappucino, 3$ la bouteille d'eau, 1,5$ le coca, 3$ le verre de vin, entre 2 et 4$ pour une bière pression / repas: environ 7-8$ le plat, pas très copieux, les accompagnements sont en sus), impossible de trouver un camping, hôtel bon marché en dehors des grands centre (30$ pour une nuit, chambre très confortable), route depuis la Moldavie jusqu'à Odessa dans un état déplorable, certains tronçons sont presque impraticables. Essence à 1 euro le litre, Diesel à 0,90-0,95ct d'euros. Bcp de wifi dans les villes, parking facile, aucun problème de sécurité à notre avis. Attention, il est parfois difficile de trouver des restaurants dans les campagnes.

lundi 5 novembre 2012

Visas

La paperasserie administrative des visas est un véritable casse-tête lors d'un voyage de longue durée. Tout d'abord, plus de la moitié des pays traversés n'ont pas de consulat au Canada ou même en Amérique du Nord. Ensuite, certains pays, comme la Russie, demandent des "invitations", fournies sur demande par des intermédiaires pour des montants variables. D'autres pays demandent des dates fixes pour l'entrée sur leur territoire. Et surtout, la plupart refusent de délivrer des visas plus de 3 mois à l'avance. Pratique quand on voyage 7 mois...Bref, après avoir retourné le casse-tête dans tous les sens, nous avons opté pour cette solution. Pour l'Iran, nous allons demander nos visas à Trabzon, Turquie, en principe délivrés rapidement. Pour le Turkmenistan, nous allons prendre le risque d'en faire la demande à Mashhad, en Iran, en priant pour que le consulat soit ouvert cette semaine-là (il semble que parfois, selon l'humeur, le consulat soit fermé pour quelques semaines...). Nos visas pour l'Ouzbékistan ont été demandés au consulat de New-York par poste...Aujourd'hui, je suis toujours en attente du retour des passeports...! Pour le Kirghizstan, un miracle s'est produit: plus de visas nécessaires pour les citoyens français ou suisses. Faites que ça dure jusqu'en juin ! Kazakhstan et Mongolie, même principe: on va profiter de nos visites de capitales des pays voisins pour tenter d'obtenir les fameux laissez-passer. Quant à la Russie, seul pays avec un consulat à Montréal, il nous ont gentiment invités à passer les voir pour justifier notre demande de visas, car nous n'atteindrons ce pays qu'au mois de juillet ou août. Si nous récupérons nos passeports, nous allons passer les voir.

À ce casse-tête, on rajoute les papiers de Rudolf. Avis à tous les - futurs - voyageurs qui voudront traverser le monde en voiture: les assurances européennes pour un véhicule de plus de 3500 kilos coûtent chères. Nous essayons donc en ce moment de faire "maigrir" Rudolf...! 3499 kilos est le but recherché ! De plus, pour traverser l'Iran, nous allons devoir nous munir du fameux "carnet de passage en douane". Un papier qui garantit, en bloquant une caution, que le véhicule ne sera pas revendu dans le pays visité. On comprend le principe, on comprend moins la subjectivité liée au montant de la caution. Le CAA du Canada (club automobile) fournit ce papier pour la modique somme de 750$ et une caution équivalent à 250% de la valeur du véhicule. Quelques dizaines de milliers de dollars...! Explication de la dame du CAA: "ben oui Madame, c'est normal, l'Iran est un pays en guerre..." No comment. Je me suis alors tournée vers les instances suisses, et (merci Louis !) le TCS délivre ce CPD pour une somme beaucoup plus raisonnable et une caution "normale" (merci Papa !).